• Les petits crieurs de journaux à New York

    Dans l’immense métropole américaine, les petits vendeurs de journaux vont, viennent, s’époumonent, gesticulent, fourmillent aux abords des gares, du port, des théâtres, des cafés.
     
    « Extry ! Extry ! Extry ! » crient, en nous secouant sous le nez leurs immenses feuilles toutes fraîches sorties de l’imprimerie, des gamins de huit à dix ans, qui semblent jaillir du sol et y rentrer, sans qu’on sache comment, ainsi que des légions de rats. Comme les rats, en effet, ces minuscules citoyens ont leurs trous, leurs nids, où ils dorment quand ils peuvent, le plus souvent dans l’après-midi, aux « heures neutres » de la journée. C’est de huit heures du soir à deux heures du matin, en effet, qu’ils ont le plus de chances de placer leur marchandise.
     
    Mais la vente des journaux n’est qu’une des mille et une occupations de ces petits Yankees, qui sont en outre d’enragés parieurs, ayant leurs bookmakers et toute une organisation de paris mutuels, et qui sont aussi des fumeurs d’opium se glissant dans les cabarets borgnes du quartier chinois, des pickpokets à l’occasion, parfois d’honnêtes commissionnaires, trop souvent d’effrontés mendiants. Beaucoup finissent par échouer sur les bancs de la correctionnelle; mais beaucoup aussi s’élèvent avec les années, de degré en degré, sur l’échelle sociale, et deviennent de puissants financiers ou industriels; car la rude école de la rue vaut, pour ceux qui tournent bien, les meilleures écoles du monde.
     
     
    « A travers le monde » Hachette, Paris, 1905.

     

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